Vous vous souvenez certainement de ce magnifique élan de solidarité féminine que le Québec a vécu il y a maintenant 13 ans? Je parle ici de la fameuse marche « Du Pain et des Roses » de 1995, où plus de 850 femmes arrivaient à Québec après avoir marché durant 10 jours sur 200 kilomètres. Pourquoi? Pour revendiquer du gouvernement du Québec une série de mesures visant l'élimination de la pauvreté des femmes. Ces marcheuses ont été alors accueillies par une foule de 15 000 personnes rassemblées devant l'Assemblée nationale. Cet appui sans précédent de la population au mouvement des femmes a permis d'obtenir à l’époque : l'augmentation du salaire minimum, l'instauration de la Loi sur l'équité salariale, la réduction du temps de parrainage de 10 à trois ans pour les femmes immigrantes. D’autres luttes par contre restaient à mener.
C’est le 25 novembre 2008 dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence envers les femmes qu’était lancée la Campagne nationale d’actions contre la violence faite aux femmes ayant pour thème Brisons le mur du silence! Cette initiative de différents mouvements de défense des droits et de groupes de femmes* s’est déroulée sur 12 jours, soit du 25 novembre au 6 décembre 2008, pour dénoncer et contrer la violence envers les femmes. Elle a culminé le 6 décembre avec un geste de commémoration en mémoire des 14 victimes du drame de l'École polytechnique, survenu le 6 décembre 1989.
Quelle soit de nature psychologique, verbale, physique, sexuelle ou économique, la violence conjugale est interdite. Elle est donc considérée comme un acte criminel puisqu'elle peut engendrer des infractions telles que voies de fait, menaces de blessures corporelles ou de mort, harcèlement, agression sexuelle, intimidation, etc. Il n’est donc pas surprenant que l'intervention policière et les procédures qui en découlent soient indissociables dans certains cas de violence conjugale. Mais quels sont nos droits si nous sommes victimes de violence conjugale? Comment se déroulent l’intervention policière et les procédures judiciaires?
La séparation ne marque pas nécessairement la fin d’une relation violente : en 1999, 40% des femmes qui vivaient dans une relation matrimoniale ou de droit commun violente ont signalé des incidents de violence après la séparation (1).
S.O.S. violence conjugale est un service anonyme, confidentiel et gratuit qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale. Son mandat est d’offrir un service téléphonique d’accueil, d’évaluation et de référence à travers le Québec. À cette fin, une équipe d’intervenantes basée à Montréal reçoit les appels de détresse. Ce service fonctionne sept jours par semaine, 24 heures sur 24. La confidentialité de chacun des appels est entièrement assurée.