Vous vous souvenez certainement de ce magnifique élan de solidarité féminine que le Québec a vécu il y a maintenant 13 ans? Je parle ici de la fameuse marche « Du Pain et des Roses » de 1995, où plus de 850 femmes arrivaient à Québec après avoir marché durant 10 jours sur 200 kilomètres. Pourquoi? Pour revendiquer du gouvernement du Québec une série de mesures visant l'élimination de la pauvreté des femmes. Ces marcheuses ont été alors accueillies par une foule de 15 000 personnes rassemblées devant l'Assemblée nationale. Cet appui sans précédent de la population au mouvement des femmes a permis d'obtenir à l’époque : l'augmentation du salaire minimum, l'instauration de la Loi sur l'équité salariale, la réduction du temps de parrainage de 10 à trois ans pour les femmes immigrantes. D’autres luttes par contre restaient à mener.
Dans le suivi de cette marche et par solidarité avec les femmes du monde entier, les femmes du Québec proposent alors une « Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes ». Cette idée folle est lancée, suivie d’une large consultation à travers le monde. Nous parlons ici de groupes de femmes de plus de 150 pays! Plusieurs rencontres internationales se tiennent dans différents pays et toutes les représentantes présentes s’entendent pour mener une lutte commune à travers le monde sous la forme d’une marche ayant pour nom la Marche mondiale des femmes (MMF). Plus question ici t’interpeller uniquement les gouvernements, mais bien l’ensemble des organisations internationales, dont l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Cette marche se termine le 17 octobre 2000, par un grand rassemblement à New York où une pétition de cinq millions de signatures est déposée devant l’ONU.
À travers la planète, des marches et des manifestations sont organisées autour d’une même revendication : « Non à la pauvreté et à la violence faite aux femmes! » Au Québec, les actions ont lieu entre les 9 et 17 octobre 2000. Le 14 octobre, 40 000 personnes défilent dans les rues de Montréal.
Depuis, un vaste réseau féministe international de 6 000 groupes de femmes provenant de 166 pays s’est développé et se mobilise. En 2003, une vaste consultation mondiale amène l’élaboration d’une Charte mondiale des femmes pour l’humanité. C’est en 2004 au Rwanda que cette Charte est officiellement adoptée. Elle est fondée sur cinq grandes valeurs : égalité, solidarité, justice, liberté et paix. En 2005, un relais mondial est alors lancé, où Charte et Courtepointe de la solidarité feront escale dans 50 pays, dont la ville de Québec pour le Canada.
Depuis, les travaux de la Marche mondiale des femmes n’ont pas cessé. Le comité vient de tenir sa septième rencontre internationale à Vigo, une municipalité de la Galicie, en Espagne. Voici un court extrait des échanges de cette rencontre :
« La Marche mondiale des femmes réaffirme son rejet du système dans lequel nous vivons, tout en indiquant sa volonté de travailler à présenter une autre vision du monde, c’est à dire un monde sans guerre et militarisation, sans marchandisation du bien commun et du corps humain. Un monde où le travail des femmes sera également reconnu. La Marche mondiale veut participer à la construction d’un monde de paix, de justice et d’égalité en faisant des propositions concrètes. Un monde où le travail des femmes sera également reconnu. »
Lors de cette rencontre préparatoire à la Marche mondiale de 2010, il a été convenu que le 8 mars 2010 serait le moment fort de cet événement partout dans le monde. La date du 17 octobre, journée internationale de la lutte à la pauvreté, sera également une autre date importante où l’action et la mobilisation seront au rendez-vous.
Et vous, serez-vous au rendez-vous? Nous vous tiendrons au courant à travers Le Lien des différentes actions et mobilisations prévues.
Source consultée le 8 décembre 2008 :
Comité de la condition des femmes de la CSQ. De la marche Du pain et des roses à la Charte mondiale des femmes pour l’humanité